Une nouvelle frontière dans le soulagement de la douleur cancéreuse : Explorer la taVNS comme intervention non médicamenteuse pour la douleur neuropathique liée à la radiothérapie
La douleur chronique après un traitement contre le cancer reste un défi majeur, en particulier pour les patients atteints de cancers de la tête et du cou. Si la radiothérapie joue un rôle essentiel dans le contrôle du cancer, ses complications neurologiques à long terme, notamment la douleur neuropathique liée à la radiothérapie (PNLR), continuent de nuire à la qualité de vie des survivants. Les médicaments actuellement utilisés en première intention, tels que la prégabaline et la gabapentine, s’avèrent souvent insuffisants en termes de rapidité d’action, de tolérance et d’efficacité à long terme.
Dans un récent essai contrôlé randomisé de phase II publié dans The Lancet, la revue en libre accès eClinicalMedicine, des chercheurs ont étudié une nouvelle stratégie de neuromodulation : la stimulation transcutanée du nerf vague au niveau de l’oreille (taVNS). L’essai RELAX constitue l’une des premières études à grande échelle évaluant l’efficacité et l’innocuité à court terme de la taVNS chez les patients souffrant de PNLR.
La douleur chronique après un traitement contre le cancer reste un défi majeur, en particulier pour les patients atteints de cancers de la tête et du cou. Si la radiothérapie joue un rôle essentiel dans le contrôle du cancer, ses complications neurologiques à long terme, notamment la douleur neuropathique liée à la radiothérapie (PNLR), continuent de nuire à la qualité de vie des survivants. Les médicaments actuellement utilisés en première intention, tels que la prégabaline et la gabapentine, s’avèrent souvent insuffisants en termes de rapidité d’action, de tolérance et d’efficacité à long terme.
Dans un récent essai contrôlé randomisé de phase II publié dans The Lancet, la revue en libre accès eClinicalMedicine, des chercheurs ont étudié une nouvelle stratégie de neuromodulation : la stimulation transcutanée du nerf vague au niveau de l’oreille (taVNS). L’essai RELAX constitue l’une des premières études à grande échelle évaluant l’efficacité et l’innocuité à court terme de la taVNS chez les patients souffrant de PNLR.
Qu’est-ce que la PNLR et pourquoi est-elle si difficile à traiter ?
La douleur neuropathique liée à la radiothérapie est une affection chronique causée par des lésions nerveuses ou une inflammation consécutives au traitement radiothérapique du cancer. Elle se manifeste souvent plusieurs mois après la fin du traitement et peut persister pendant des années, avec des symptômes tels que :
- Des sensations de brûlure, de décharges électriques ou de coups de couteau
- Une faible réponse aux analgésiques traditionnels, tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens
- Des comorbidités émotionnelles, notamment l’anxiété, l’insomnie et l’irritabilité
Bien que des médicaments tels que la prégabaline soient couramment utilisés en première intention, il peut falloir plus de deux semaines pour qu’ils soulagent la douleur, et ils peuvent provoquer des effets secondaires tels que des vertiges, de la somnolence et un ralentissement des fonctions cognitives.
L’essai RELAX : associer la taVNS à la prégabaline
Mené par l’Hôpital commémoratif Sun Yat-sen, l’essai RELAX a inclus 116 patients ayant subi une radiothérapie au moins six mois auparavant et présentant une PNLR modérée à sévère (NRS ≥ 4). Tous les participants ont reçu une dose standard de prégabaline (75 mg deux fois par jour) et ont été répartis aléatoirement en deux groupes :
Groupe taVNS : a reçu une stimulation active transcutanée du nerf vague au niveau de la conque auriculaire, à une fréquence de 30 Hz, avec une largeur d’impulsion de 300 μs, pendant 30 minutes, deux fois par jour
Groupe placebo : a reçu une stimulation factice imitant la taVNS, sans émission de courant actif
La stimulation a été administrée pendant 7 jours, suivis d’une période de suivi de 16 semaines.
Principaux résultats : un soulagement rapide sans risque supplémentaire
Au 7e jour, les patients du groupe taVNS ont rapporté une réduction de l’intensité de la douleur nettement plus importante que celle du groupe placebo. L’amélioration subjective s’est également reflétée dans les scores PGIC/CGIC. Plus important encore :
Aucun événement indésirable grave n’a été signalé. Une légère irritation cutanée (8,6 %) a été l’effet secondaire le plus fréquent et s’est résorbée sans intervention;
Les patients ont également rapporté une diminution de la fatigue et une amélioration de leur état émotionnel.
Bien que le suivi à long terme ait révélé une diminution des différences entre les deux groupes, les résultats soulignent le potentiel de la taVNS comme traitement adjuvant non médicamenteux à action rapide pour le contrôle précoce de la douleur.
Comment fonctionne la taVNS ?
La taVNS stimule la branche auriculaire du nerf vague à l’aide d’électrodes non invasives placées sur l’oreille externe. Elle active ainsi des voies neuronales impliquées dans la modulation de la douleur, la régulation émotionnelle et l’équilibre immunitaire. Parmi les mécanismes impliqués figurent :
- L’amplification de l’inhibition gabaergique, qui complète le mécanisme d’action de la prégabaline
- La réduction de l’hyperactivité sympathique, rétablissant ainsi l’équilibre autonome
- L’activation des réflexes anti-inflammatoires, réduisant les cytokines pro-inflammatoires
- Le renforcement des réseaux d’inhibition de la douleur au niveau du tronc cérébral et du cortex
L’avenir : passer de protocoles statiques à des thérapies intelligentes et adaptatives
La prochaine étape consiste à développer des systèmes taVNS intelligents en boucle fermée, capables d’adapter la stimulation en temps réel en fonction de marqueurs physiologiques tels que la respiration, la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), l’électroencéphalogramme (EEG) et la conductance cutanée. Par exemple, administrer la stimulation précisément pendant l’expiration pourrait renforcer l’activation de régions cérébrales telles que la substance grise périaqueducale (SGP), améliorant ainsi à la fois le contrôle de la douleur et la résilience émotionnelle.
Ce changement de paradigme, qui passe de prescriptions fixes à une neuromodulation dynamique et globale, est prometteur non seulement pour les survivants de cancer, mais aussi pour un large éventail d’affections chroniques associées à la douleur et à la fatigue.
Quelques mots en conclusion
L’essai RELAX apporte des preuves cliniques convaincantes de l’efficacité de la taVNS comme complément sûr, à action rapide et bien toléré aux médicaments conventionnels dans le traitement de la PNLR. À mesure que les technologies portables et l’intégration de la bio rétroaction évoluent, la taVNS pourrait devenir un élément central des stratégies personnalisées de prise en charge non médicamenteuse de la douleur, offrant aux patients le confort, le contrôle et la dignité qu’ils ont perdus.
Référence :
Zuo X, et al. Efficacy and safety of transcutaneous auricular vagus nerve stimulation plus pregabalin for radiotherapy-related neuropathic pain in patients with head and neck cancer (RELAX): a phase 2 randomised trial. eClinicalMedicine, 2025.